Holacracy modifie notre relation au travail.

De l’adultère à l’ère de l’adulte : 

56% des Français vivent le travail comme « une contrainte pour subvenir à ses besoins ». A l’inverse, ils sont 44% à le percevoir comme « un moyen pour les individus de s’épanouir dans la vie* ». Une autre étude publiée récemment** insiste sur le « je t’aime moi non plus » qui caractérise notre rapport au travail : vécu comme une contrainte alimentaire par 4 salariés sur 5, presque autant disent néanmoins « aimer leur travail » ! Et si on se mettait au clair ?

Un des papas de Holacracy, Brian Robertson, venu s’exprimer chez NUMA lors du premier Meetup Holacracy Paris, résume en riant sa révolution post managériale : « Holacracy ? Organizations for grown ups ! » Les praticiens d’Holacracy s’accordent en effet à dire que les principes de subsidiarité, les rôles dynamiques, la fameuse réunion de gouvernance nous intiment l’opportunité de devenir adultes.

Si l’enfant ne gouverne pas véritablement sa vie, cette dernière lui enjoint tôt ou tard de prendre à la fois ses responsabilités ET sa liberté. Deux faces d’un même jeton. Ce jeton que tout un chacun se voit remettre en entrant en Holacracy puis insère à loisir dans la « machine à soi » que s’applique à devenir l’entreprise basculée en Holacracy.

A la question posée des facteurs clés de succès (outre l’assentiment des actionnaires) pour implanter Holacracy dans une entreprise conventionnelle, Brian Robertson évoque, in vivo :

  • la détermination et la confiance des dirigeants.
  • une démarche inscrite dans la durée (Isabelle Baur, ex dirigeante et désormais « premier lien » de Scarabée Biocoop à Rennes estime que l’entreprise de 200 personnes a passé le seuil de transformation après un an d’efforts soutenus. Seuil communément estimé à l’adoption d’une pratique profondément renouvelante par plus de 50% de la population concernée).
  • beaucoup de pédagogie, d’accompagnement de « learning by doing »

Ces postulats ne vous semblent-ils pas apparentés à ceux qui sous-tendent l’éducation ? A tout le moins l’idée contemporaine que l’on s’en fait ?

Exit le bureau des pleurs, adieu les instances de validation, (dont l’existence suppose à elle seule quelque invalidité première, celle du collaborateur, a priori infantile parce qu’infantilisé) fi des frustrations délétères, haro sur une relation d’adultère avec notre boulot trop souvent dénigré dans nos conversations privées… Holacracy accélère le passage à l’ère adulte. L’étude 2017 suscitée conclut que les travailleurs expriment « le besoin de coopération », disent souffrir d’une « vision verticale du travail où on leur impose des choses ». Alors bienvenue dans les communautés de travail pour adultes !

*sondage Ifop mai 2014

** par les Echos le 16 mars 2017; source CFDT

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