« Holacratie m’a changé »

Ce soir-là, chez NUMA* trois managers ont expliqué pourquoi et comment ils ne l’étaient plus. Pourtant, ils n’ont pas quitté leur entreprise ni changé de voie pour se former…à l’art d’expliquer aux autres comment manager, non ; Ils n’ont pas non plus démissionné. Ils ont même plutôt re-missioné, renoué avec la mission de leur entreprise ou renouvelé celle-ci et surtout la leur. Pas changé de voie mais changé de vie. Tout au moins, de façon de l’envisager.

Ils ont adopté Holacratie.

A commencer par Bruno JOACHIN**, le plus early adopter des 3 témoins ouvreurs de nouvelles voies managériales présents chez NUMA ce soir-là. Sa société, PFMR, s’est en effet engagée sur la voie de l’Holacratie dès 2015. Bruno revient sur ce changement de vie sans ambages : « tout mon être a atteint un point de non-retour ; je ne pourrais plus revivre l’organisation d’avant. » Son projet il y a 3 ans, consistait à prendre de la hauteur. Désormais, il consacre à peine plus d’un jour par semaine à son entreprise laquelle ne s’est jamais aussi bien portée depuis qu’il a profondément revisité ses rôles en adoptant le paradigme holacratique, ce qui, admet-il, m’a poussé à beaucoup « travailler sur moi ».

Anne-France BONNET, fondatrice du cabinet conseil en impacts sociétaux Nuova Vista, nous dévoile d’abord les mobiles qui ont sous-tendu son choix d’embrasser l’holacratie il y a 6 mois : une façon de cocher la case gouvernance au regard d’un bilan RSE qu’elle n’a de cesse de faire progresser au sein de sa propre société selon l’adage qui veut que charité bien ordonnée… Et aussi son souhait de mieux fidéliser et recruter : laisser la place dont ses (futurs) consultants auront toujours plus besoin pour exprimer leur potentiel. A la question de savoir ce qui a changé au sein de l’équipe de consultants, Anne-France indique sans hésiter : « Tout est plus clair ; nos projets ne restent plus en suspens ; Dans les réunions, l’implicite devient explicite ».

Cette clarté, est aussi présentée comme le premier grand bénéfice inhérent à l’adoption de l’holacratie par Enrico DURBANO, associé de la société Eco Counter énergisée par plus de 100 collaborateurs dont une vingtaine à l’international. En holacratie, les managers deviennent souvent 1ers liens ce qui occupe environ 5% de leur temps. Ils remplissent donc d’autres rôles. Comment, après s’être lancé en Holacratie l’été dernier, notre 3ème invité vit-il ce changement de type 2 ?

Pour Enrico, le fait d’intervenir dans son entreprise en tant que rôle, tue dans l’œuf le biais statutaire de jadis. « Mes collaborateurs réalisent que je m’adresse à eux dans mon rôle et avec mon expertise pour CE rôle. Et non plus que j’interviens à tout bout de champ parce que je suis le boss »

Son accent italien irise l’audience sise au 4è étage de NUMA du sentiment que pour s’élever il faut s’alléger. Nos 3 managers nous auront donné à entrevoir qu’il existe autant d’holacraties que d’entités l’adoptant. Et que le management n’y sera jamais plus comme avant.

 

*Un des enjeux de NUMA consiste à (trans)former des entreprises numériquement ET humainement. Nos Meetup Holacracy s’y sentent donc comme chez eux 😉.

**Bruno s’était exprimé quant à la raison d’être en Holacratie lors du Meetup Holacracy de février 2017.

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